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Le dicton du jour

La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.
Mardi 16 janvier 2007
Grand vainqueur du concours "Menteurs, andouilles et assimilés" cette semaine, Jean-François Copé, une fois de plus.

La raison? Cette déclaration, à propos de la fameuse barre des 4000€ de salaire, barre au-delà de laquelle le PS prévoit d'annuler les baisses d'impôt :
"Aujourd'hui en 2006, un professeur certifié en fin de carrière, ça gagne à  peu près 4.100 euros par mois. Un informaticien après 10 ans d'expérience, un conducteur de TGV en fin de carrière, un VRP, ça gagne aussi entre 4.000 et 4.200 euros par mois. Cela veut dire qu'on va demander à  toute une frange de nos concitoyens qui gagnent effectivement quatre fois plus que le Smic et au-delà , de voir leurs impôts augmenter".

Bref, 4000€, c'est le salaire de tout un chacun, de n'importe quel gugus de la "classe moyenne".

Les professeurs certifiés (2500€ maximum en fin de carrière) voire même agrégés (3000€) seront heureux de savoir que leur salaire va être revu à la hausse de 50% si JF Copé et sa bande arrivent au pouvoir.
Les informaticiens (dont le traitement mensuel après 10 ans peut varier de 2000 à 3500€) seront heureux également de savoir qu'aucun d'entre eux ne pourra toucher moins de 4000€.
Un conducteur de TGV (environ 3000/3500€) également.

Si 4000€ c'est la classe moyenne, alors, les profs, infirmières, artisans, chercheurs... constituent le prolétariat et les pauvres.

Bref, toute la "frange" de population à qui on va honteusement augmenter les impôts, se limitera aux hauts fonctionnaires, médecins spécialistes, juristes, et le plus important : aux politiques.

C'est vrai que ça concerne beaucoup de monde. Et c'est vrai que 4000€ (4 fois le smic) c'est un salaire moyen, normal, que tout le monde gagnera un jour dans sa vie.

Bravo à M. Copé pour cette victoire brillante. Il conserve donc son titre de clown de la semaine, après avoir déjà affirmé la semaine passée que "La dette, on la sait, a énormément diminué". Copé, un style à part.
Par Milamber - Publié dans : Actualité politique
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Dimanche 14 janvier 2007
Je n'ai pas pour prétention ici d'énoncer une vérité universelle, mais juste de faire s'interroger sur deux questions simples : le travail est-il, comme on le croit souvent, une valeur de la droite républicaine? Le fait de travailler, d'être utile à la société, de ne pas se laisser trainer par elle, est-ce un pilier de la droite? Et si oui, pourquoi le chômage ne baisse-t-il pas?

Avant tout, un petit principe qui, je l'espère, récoltera l'adhésion de tous : l'un des éléments fondamentaux dans notre société si hiérarchisée, est la relation (le rapport de force, devrais-je dire) qu'entretiennent le patronat et le salariat. Je ne pense pas que ce soit contestable jusque là.

A présent, tentons de réfléchir à une chose : le plein-emploi est-il possible, souhaité par les dirigeants d'une société capitaliste comme la France?

Et si le chômage était un outil essentiel du modèle économique dans lequel nous sommes? En effet, il paraît difficile de contester qu'un taux élevé de chômage organise les rapports employés / employeurs au profit de ces derniers. Les employés, mis en situation délicate par le peu de garantie qu'offrent les contrats de travail, sont obligés d'être ultra-performants et de préférence dociles et corvéables (accepter des tâches supplémentaires non rémunérées, ne pas être syndicaliste, sont évidemment un plus!). Un des buts du CPE/CNE était, entre autres, d'interdire le syndicalisme. Tout employé performant mais un peu "chaint" pouvait être viré sans ménagement pour un beaucoup plus docile.
De façon générale, la peur d'être remplacé par un chômeur maintient l'employé sous pression, et le place indiscutablement en position de faiblesse.
"Tu vois les chômeurs dans la rue? Si tu ne doubles pas ton CA, tu es viré"

Maintenant, imaginons une société de plein-emploi, voire de manque de main d'oeuvre. Là encore, il est indiscutable que les relations sociales sont totalement réorganisées, au profit des travailleurs cette fois. Ce sont eux qui sont désormais en position de force.
"Vous voyez l'entreprise d'en face? Si vous continuez à embêter le personnel, on se casse et on va bosser chez elle, elle cherche du monde. Et vous, vous n'en retrouverez pas".
Puisque chaque patron manque de main d'oeuvre, c'est bel et bien le travailleur qui choisit son patron, et non plus l'inverse.

Tout cela est bien sûr caricatural, mais le chômage est un poids sur la balance des relations employés / employeurs. Il est placé sur le plateau des employés, et plus il est gros, plus le plateau représentant la force des travailleurs s'abaisse, plus celui représentant celle des employeurs monte.

Le plein emploi est une absurdité dans un système libéral. Il est son arrêt de mort. Comment parler de productivité, de concurrence acharnée, dans un système où chaque employé serait libre de changer de patron dès que le sien deviendrait trop tyrannique à son goût?
A l'inverse, comment un employé pourrait-il se permettre de ne pas en branler une quand 10 chômeurs attendent sa place?

Le chômage est garant des principes libéraux. Productivité, climat de concurrence, performance, recherche du moindre coût. Le chômage est un des piliers du libéralisme. Sans lui, il est voué à l'effondrement.

Pour ces raisons, je ne suis pas sûr que les candidats libéraux (Royal, Sarkozy, Bayrou...) aient une grande volonté  d'agir réellement pour réduire le chômage.
On achète la paix sociale en ne le laissant pas trop monter. On préserve le système en l'empêchant de trop descendre (quel petit patron peut dire aujourd'hui qu'il lui est possible d'avoir un employé supplémentaire? Quasiment aucun).

Le chômage, ou les contradictions profondes d'un système à bazarder.
Par Milamber - Publié dans : Idées reçues...
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Dimanche 14 janvier 2007
Il est de certaines initiatives qui laissent perplexe. Quand un animateur d'une chaîne de télévision pas toujours intelligente, soutenu -et financé- par des groupes n'ayant pas vraiment de leçons à donner sur le plan environnemental (Bouygues, Rhone Poullenc, L'Oreal, EDF...) vient nous parler du devenir de la planète, j'ai tendance à ne pas m'emballer.
Quand bien même l'animateur en question serait un globe-trotter, présenterait une émission sur la nature depuis fort longetmps, je regarderais à deux fois avant d'applaudir.

Dans le cas présent, cela s'impose particulièrement. Il suffit de regarder les "solutions" qui sont proposées pour voir que cette "défense de la nature" préserve largement ses principaux destructeurs, et collabore de façon bienveillante avec le libéralisme. Nicolas Hulot vient d'inventer l'écologie libérale.

Première solution : Mettre en place un premier ministre adjoint en charge du dévelopement durable. Voici une entrée en matière percutante et qui bouleverse notre rapport au monde! Un crâne d'oeuf de plus dans l'équipe gouvernementale et la planète est sauvée. Surtout si le crâne d'oeuf en question applique les quatre points suivants!

Deuxième solution : Instaurer une taxe sur le carbone. Mais la faire payer à qui? Aux industriels? Que nenni! Aux contribuables, notamment aux plus infâmes d'entre eux : les agriculteurs, qui polluent la terre avec leurs vaches émettrices de gaz à effet de serre. Pas étonnant que la banquise ait déjà fondu à l'ère des dinosaures. Par contre, rien de répressif envers les généreux mécènes industriels de Nicolas, qui pourront continuer à émettre du bon gaz industriel, qui n'aura pas eu le tort de traverser l'intestin d'une vache, ni le pot d'échappement du scooter d'un smicard déjà étouffé par les taxes.

Troisième solution : Réorienter les subventions agricoles vers une agriculture de qualité, grâce à une réorientation de la PAC. J'ai déjà exprimé mon avis sur les subventions agricoles et la PAC (à la fin de cet article). Qui a consacré l'agriculture productiviste polluante? Qui a fait du lobbying pour obliger les paysans à utiliser des tonnes de produits, polluants et cancérigènes, dans le but de faire faire des profits titanesques à l'industrie chimique? Qui a tellement fait baisser le prix des produits agricoles, que les paysans ne peuvent plus se permettre de perdre la moindre partie de leur récolte, et à cet effet la bombardent constamment de saloperies chimiques en tout genre? Qui a tenu les agriculteurs en laisse, les faisant passer du statut de producteurs indépendants vivant de leurs revenus ; à celui de sans-revenus vivant de subventions employées en quasi-totalité à faire tourner l'industrie chimique?
Nicolas Hulot nous propose de transférer ces subventions aux agriculteurs "bio, labellisés". Of course. Faudrait peut-être penser à comprendre, alors, que tout le système agricole est à revoir, et que l'orientation massive vers le Bio ne pourra se faire que si on laisse les agriculteurs vivre de leurs revenus, et qu'on détruit totalement la PAC.

Quatrième solution : Soumettre les questions de développement durable au public. Vous noterez qu'on dit bien "public" et non "électorat". Nulle allusion aux référendums ici. Vu le peu de cas que le gouvernement fait des référendums (tout se passe comme si on avait voté oui en 2005), je doute qu'un simple "débat public" change le cours des choses...

Cinquième solution : Promouvoir une politique de sensibilisation à l'écologie et au développement durable. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ne mange pas de pain. Et si l'argent pris aux contribuables dans l'article 2 doit venir financer d'inutiles et luxueuses campagnes de pub dans l'article 5, là, on est au comble de l'absurdité.

Tendance globale : on fait énormément culpabiliser le lecteur de la charte, le citoyen lambda. C'est vous qui polluez, avec votre bagnole, vos ampoules, votre PC au moment même où vous lisez cela. C'est uniquement votre faute si on en est là! C'est pour ça qu'il faut vous éduquer (article 5) et vous faire payer (article 2), et puis ensuite on pourra même vous faire participer à de grands "débats", quand vous aurez suivi quelques cours (article 4) et qu'on vous aura pris assez d'argent pour avoir le droit de parler.

Oh je ne dis pas que les particuliers ne polluent pas aussi, et qu'ils n'ont aucune responsabilité. Mais pourquoi les stigmatiser, à eux et seulement à eux? Car, sur les industriels - rien. Sur les délocalisations - rien. Sur les politiques - rien. Bizarre. Les pollueurs, ce ne sont donc que les prolos.

Par exemple, pas un mot sur l'OMC, qui organise les délocalisations. Un cas d'école : la société CapVest (Findus, Iglo,...). Findus qui pêchait ses poissons au large de l'Ecosse jusqu'à fin 2006, les faisait emballer en Ecosse, et les vendait ensuite. Désormais, on les pêche en Ecosse, on leur fait prendre l'avion, on les amène en Asie pour les faire emballer, puis on les ramène en Europe pour les vendre. Total : 900 millions de tonnes de CO2 par an, uniquement pour cette partie-là du groupe Findus. Et pour tous les groupes mondiaux dans tous les secteurs d'activité, ça fait combien de milliards de milliards de tonnes?. Sûr qu'avec ça, on en fait tourner, des smicards en scooter. Mais sur ce fait, pas un mot.

Pas un mot pour dire que la mondialisation libérale, avec tous les flux de marchandises dûes aux délocalisations qu'elle engendre, est la cause majeure du réchauffement. Cause majeure de la pauvreté, du chômage, de l'exploitation de la force de travail d'Asie du Sud Est, payée 30 fois moins cher.

Puisqu'on doit "responsabiliser les citoyens", ces grands enfants qui n'y connaissent rien, faisons-le!
Communiquons
le montant d'une facture d'électricité d'un prime-time de "Star Academy" sur TF1 aux prolos, eux qui consomment tant d'énergie! Ca leur apprendra à atteindre la lumière en sortant de la cuisine.
Disons-leur qu'on a
débranché les appareils de contrôle de la radioactivité à la centrale nucléaire de Golfech après qu'un incident s'y soit produit! Ils feront plus attention de ne plus jeter les papiers par terre pour ne pas salir la pelouse radioactive, où aucun cantonnier n'ose plus s'aventurer.
Pour donner l'exemple à tous ces salauds de plébéiens qui polluent trop, appliquons aussi l'article 2 aux entreprises, leur faisant payer des taxes si elles délocalisent! Ils comprendront, là!

Mais cela, les "Amis de Nicolas Hulot", TF1, EDF et autres multinationales, ne le souhaitent pas forcément. De peur que ces histoires, pour eux, ne se terminent en pet de vache.
Par Milamber - Publié dans : Agriculture et environnement
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Dimanche 14 janvier 2007
Comme je le disais précédemment dans un autre article, je comprends l'émotion suscitée par l'initiative des Enfants de Don Quichotte, et je la partagerais si elle était de nature à résoudre les vrais problèmes du logement. J'évoque par ailleurs sur ce blog, en guise d'exemple, les problèmes des logements HLM, dont personne ne dit mot.

La charte du Canal Saint-Martin est pittoresque. Elle propose des mesures de traitement symptomatique.
Imaginez quelqu'un qui a une énorme migraine dûe à une vertèbre déplacée qui lui coince un nerf. Vous avez deux solutions : le cachet effervescent dont la législtion m'interdit de dire le nom exact, ou alors lui remettre la vertèbre en place. Il y a un traitement du symptome, et un traitement des causes. Si j'ose dire, Don Quichotte a choisi le cachet effervescent.

Par exemple, l'article 1, qui réclame l'ouverture des centres d'hébergement 24h/24 et toute l'année, ainsi que leur rénovation, timidement évoquée. C'est très bien, mais si l'on doit ouvrir et rénover ces centres juste parce qu'ils se préparent à accueillir de plus en plus de pauvres (et c'est le cas!), je ris un peu jaune.
Facile pour les politiques de s'engager à ouvrir des centres dans lesquels travaillent beaucoup de bénévoles. Ca ne coûte pas grand chose. Faire en sorte que plus personne n'ait à y aller par manque d'argent, en offrant du travail à chacun, ça... C'est autre chose.

Par exemple, l'article 4, qui affirme qu'il faut créer plus de logements sociaux. C'est très bien aussi. Sauf que c'est impossible sans le retour de l'aide à la pierre, et ce sera encore plus irréalisable si la privatisation des HLM se poursuit.
Privatisation à laquelle les signataires de la charte (PS, UMP, UDF) consentent, sur injonction de l'UE.
Aide à la pierre qui est interdite par les principes libéraux, qui veulent que l'on n'accorde pas de subventions aux offices HLM.
Il aurait été souhaitable que le texte mentionne ces deux points, à la source de tous les problèmes...

Par exemple, l'article 6, qui réclame un droit au logement opposable. Celui-ci est le plus drôle. Pouvoir demander réparation à un juge si on ne trouve pas de logements, l'idée n'est pas mauvaise. Mais là où réside le comique de l'affaire, c'est : demander réparation... à qui? Contre qui porter plainte? Enfin, je ne suis pas étudiant en droit, mais il me semble que lorsqu'on demande réparation à un tribunal, on désigne la personne physique ou morale de laquelle on exige réparation.
Et quelle sera-t-elle? L'Etat? Mais que pourra faire l'Etat? Lui offrir un logement gratuitement? L'office HLM alors? Et pour quelle raison? Si le bonhomme n'a pas assez d'argent pour payer le loyer, ce n'est pas la faute de l'office HLM... Lequel office pourrait demander, comme avant, des loyers beaucoup plus faibles avec le retour de l'aide à la pierre.


Cette charte est pleine de bonne volonté, mais n'appuie pas là où il faut. Ce qu'il aurait fallu ajouter, c'était de re-subventionner correctement les offices HLM, afin de lancer une grande campagne de construction de logements décents, comme ce fut le cas après la seconde guerre. C'était de mettre fin à la politique de spéculation, portée aux nues depuis le gouvernement Giscard en 1974, puis par Mitterrand et Chirac derrière eux, qui a fait monter le prix des loyers si haut qu'ils prennent aujourd'hui la moitié du revenu d'un couple de travailleurs moyen.


Ce qu'il faut dire, c'est que l'immobilier, le logement, n'est pas un jeu ni un casino. Le logement, ce doit être la décence de chaque individu, et pas l'enrichissement de quelques uns, les promoteurs. Le logement, ce devrait être une garantie pour chaque personne. La charte le dit. Mais pourquoi ne dit-elle pas pourquoi ce ne l'est plus?

Pourquoi ne dit-elle pas que les aides publiques versées aux promoteurs et investisseurs privés (baisses d'impôt accordées pour leur permettre de louer des logements à des prix faramineux), feraient mieux d'être versées, comme avant, aux offices HLM? Pourquoi ne dit-elle pas de garantir que la privatisation du logement social ne sera jamais effectuée, même si l'UMP et le PS y pensent sérieusement, même si l'UE pousse pour que ce soit le cas?
Pourquoi dénonce-t-elle les symptômes sans en montrer les causes?

Ni le PS, ni l'UMP, ni l'UDF ne voudront faire quoi que ce soit qui réponde à cette charte. Le jour où un candidat arrivera avec la volonté de rompre avec tous les principes de spéculation, d'abroger toutes les lois françaises qui la favorisent, de ne plus appliquer les directives européennes qui incitent à aller encore plus loin... Ce candidat sera crédible. Mais ce n'est pas sûr qu'il signe la charte. Peut être ne croira-t-il pas aux cachets effervescents pour soigner un déplacement des lombaires.

Par Milamber - Publié dans : Problème du logement
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Dimanche 14 janvier 2007
Quelques petits rappels historiques, qu'il est bon de connaître. Le problème du mal logement a été pour la première fois attaqué de front juste après la seconde guerre mondiale. Beaucoup d'ouvriers et de familles n'avaient alors pas de toit, et vivaient dans des habitations de fortune, comparables aux favelas de Rio.
Les causes? Des loyers en nombre insuffisant (quasiment aucune construction entre 1918 et 1939) pour répondre à l'afflux massif en ville des travailleurs venant des campagnes, et au baby boom qui débute. Et surtout, des loyers beaucoup trop chers pour des revenus aussi modestes.

Conscient que le pays, ravagé par la guerre, ne pouvait finir de se relever, et de retrouver totalement sa dignité si une grande partie des travailleurs vivaient dans des bidonvilles, une mesure d'ampleur fut alors prise : la construction des premiers HLM, nouvelle notion qui se substitue à celle des HBM.
Des garanties sécurisantes s'offraient aux sans logis : un loyer en correspondance avec leurs revenus, l'impossibilité d'être expulsés puisqu'il s'agissait de logement sociaux, et la salubrité supposée parfaite des nouvelles habitations ainsi construites.

La mesure clé du dispositif? Ce que l'on a appelé "l'aide à la pierre". Des prêts à 1% étalés sur 50 ans, accordés aux offices HLM, pour la construction des logements. Or, comme chacun le sait... sur 50 ans, l'inflation fut "légèrement supérieure" à 1% Par conséquent, accorder des prêts à taux si faible sur une période si longue revenait purement et simplement à donner de l'argent aux offices HLM pour les inciter à construire énormément. Les offices HLM n'ayant pratiquement aucun intérêt à payer, la modération était garantie dans les prix des loyers, payables par tout ouvrier de l'époque. Une première mondiale.

Sur l'ensemble du territoire, du début des années 50 au milieu des années 70, des HLM poussèrent ainsi par millions. La notion de "travailleur pauvre" était donc inexistante, puisque chacun pouvait payer un loyer en adéquation avec ses revenus.
Voilà ce qu'était une réelle mesure pour le logement, qui n'a rien à voir avec celles soit-disant prises aujourd'hui.

Or, Raymond Barre, en 1977, met enfin un terme à cet équilibre honteux qui permettait à la quasi totalité de la population de se loger. Dehors, les dégueunillés! Les offices HLM ne seront désormais plus subventionnés, les taux du prêt passent à 6% et l'étalement du remboursement se contracte de 20 ans. Ces nouveaux prêts sont appelés des PLA. (Prêts Locatifs Aidés, rien que le nom m'amuse). Conséquence logique : les prix des loyers explosent, et deviennent inaccessibles pour beaucoup de travailleurs. C'est la fin de la notion de logement social.
Toutefois, l'Etat décide alors, dans sa grande générosité, de donner les premières allocations logement de l'histoire française : c'est le début des aides de la CAF telles qu'on les connaît aujourd'hui. Evidemment, elles ne suffiront pas à compenser la hausse des loyers.


Les conséquences visibles aujourd'hui : on notera une différence majeure entre "l'avant 1977" et "l'après".
Avant, les aides étaient versées aux bâtisseurs, aux offices HLM. D'où le nom d'aide à la pierre. L'individu ne touchait aucune aide, mais il n'en avait pas besoin, puisque le bâtisseur, subventionné, pouvait s'autoriser à demander des loyers très faibles. Cela me paraissait être un bon système, qui encourageait par ailleurs la construction de très nombreux HLM grâce à ces fameux prêts à 1%, ce qui permettait de répondre constamment àl'augmentation de la demande.
Après 1977, les aides sont désormais versées aux locataires. Au lieu d'inciter les bâtisseurs à pratiquer des prix de location faibles, on les pousse désormais à faire exploser les prix, mais on subventionne la personne. On remarquera, après, que ces mêmes gens de la droite bien intentionnée qui ont fait voter cette loi, pesteront contre la société d'assistanat... Mais qui l'a initiée?

La consquence logique des PLA, très peu avantageux pour les bâtisseurs, est que ces derniers cessent toute construction de logement HLM, en plus d'augementer le prix des loyers. D'où les deux raisons de la crise actuelle : un manque de logements criant, des loyers beaucoup trop élevés.

Un parallèle avec la PAC : le passage de l'aide à la pierre, pour l'aide à la personne, ne peut m'empêcher de me faire penser à la PAC. Avec l'aide à la pierre, la personne pouvait vivre de ses revenus, en trouvant des logements correspondant à son salaire. Avec la fin de cette aide, elle ne le peut plus, on lui verse donc un complément de revenu.
Et les agriculteurs? Avant, chacun pouvait vivre de ses revenus, rien qu'en vendant sa production. Aujourd'hui, chacun le sait, la vente de la production ne rapporte plus rien à l'agriculteur, qui ne vit que par les aides de la PAC. Et là encore, idem, l'UE, les libéraux de tout poil et les bien-pensants viendront encore une fois pester contre l'assistanat qu'ils ont eux mêmes instauré.
Cette façon d'empêcher les gens de vivre des revenus de leur travail, et de les mener en cheptel en les "nourrissant" grâce à un complément de salaire versé sous forme d'aide, est relativement inquiétant... Poussé par l'UE, les ultra-libéraux et les capitalistes, cette asservissement des travailleurs risque de s'accentuer encore et toujours...

Il n'est sans doute pas inopportun de dénoncer le double discours libéral, d'un côté dénonçant les aides, les "entraves à la concurrence libre et non faussée" ; et d'un autre en distribuant des aides à tout va afin de tenir le cheptel des travailleurs docilement sous sa coupe...
Par Milamber - Publié dans : Problème du logement
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Une présentation rapide : je suis étudiant en licence de mathématiques, et ne suis membre d'aucun parti ou syndicat. Personne ne sera donc spécialement préservé, ou, au contraire, encensé.

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